1ère étape : FONTAINEBLEAU – BOURGES
180 kms, 1080m de dénivelée et vent de face.
Les organisateurs mettent en place le matériel à distribuer aux participants dans l’effervescence. Certains de ces derniers sont présents dès 05h00 du matin, un peu fébriles pour les nouveaux et d’autres plus certains de leur préparation se montrent apparemment sereins. Ils prennent possession de leur sac cadeau avec plaque de cadre et étiquettes bagages + un équipement flambant neuf aux couleurs de Paris-Bayonne.
A 07h15 le rassemblement s’effectue face aux cascades, puis avec l’aide de la police municipale le convoi se dirige devant l’entrée du château.
Nous voici tous présents sur cette ligne de départ pour une nouvelle aventure, le 1er Paris-Fontainebleau – Bayonne appelé : PARIS – CÔTE BASQUE.
210 cyclistes, 55 assistants, 12 motos, 3 camions et 17 véhicules constituent notre caravane pour relier successivement 10 villes étapes, 1700 kms et + de 20 000m de dénivelée.
Après nos 17 grosses organisations, où nous avions choisi successivement : la Tour Eiffel, l’aéroport d’Orly, puis le parc d’Eurodisneyland, il nous fallait trouver un autre lieu symbolique et prestigieux, notre choix s’est porté sur Fontainebleau.
Pour vous situer l’endroit où nous sommes, voici quelques éléments : c’est la plus vaste commune d’Île-de-France, sa forêt de 25000 ha est bien connue des randonneurs et des escaladeurs. Bien mieux que celui de Versailles, le château de Fontainebleau qui allie l’œuvre des Valois, des Bourbons et des Napoléonides, illustre parfaitement la continuation de l’histoire de France. Napoléon ne s’y est pas trompé qui, dans le mémorial de Sainte Hélène, parlant de Fontainebleau, confie à Las Cazes : « voilà la vraie demeure des rois, la maison des siècles ». C’est dans les constructions d’époques différentes qui composent le château que l’histoire se lit et probablement bien mieux que dans un livre. Nous sommes partis des cascades, face au grand Canal pour rejoindre les grilles du château Napoléonien devant la cour des Adieux, tout un symbole. Il s’agit juste d’un au revoir à L’Île-de-France que nous retrouverons dès le 22 juin.
Je suis obligé d’évoquer également l’activité équestre, c’est toujours un problème de selle… Fontainebleau, capitale du cheval et ville équestre, est dotée d’installations équestres prestigieuses comme : Le Centre sportif d’équitation militaire : installé dans les anciennes écuries du château, ce centre forme les cavaliers et les chevaux militaires pour l’instruction et la compétition. Le Grand Parquet et le terrain de la Salamandre : cet espace accueille notamment la Grande Semaine de l’élevage ou le Concours complet international de Fontainebleau. Sans oublier l’Hippodrome de Fontainebleau de la Solle.
Cette ville a aussi un passé cycliste avec le VC Fontainebleau Avon, 3 sociétaires de ce club sont sur cette épreuve. Pour mémoire, le très beau Tour de Seine et Marne disparu en 2002 était une épreuve recherchée labellisée UCI et était organisé par le VCFA.
Après un mot dit par le Président André Leroux, par le vice-président Jean-Marc Rouxel et par Monsieur le maire, que se passe-t-il ? Devinez : les chevaux sont lâchés.
Dernier point important : remercier Monsieur Frédéric Valletoux, Maire de Fontainebleau, Conseiller Régional d’Île-de-France, Monsieur Philippe Mahut, Maire adjoint chargé des sports et des affaires équestres et Mme Edith Riperto de la direction des sports, pour leur accueil et le prêt de matériel.
Le long peloton s’étire puis se fractionne pour rejoindre les belles communes de Recloses et de Larchant. Nous arrivons à Puiseaux et surprise : deux hôtesses nous attendent pour offrir un petit encas aux participants dans le cadre de l’ancienne Halle. Le peloton continue sa longue procession sur une interminable ligne droite avec vent de face et quelques gouttes d’eau juste pour enlever la poussière sur la route. Nous franchissons la Loire et après être passé devant le château de Sully-sur-Loire, nous arrivons dans le grand complexe culturel Georges Blareau pour un repas bien mérité et apprécié.
Un départ groupé a lieu sur l’esplanade en direction de Bourges, petite mise en jambes avec le long faux plat de Méry-ès-bois, encore quelques kilomètres et nous voici au terme de l’étape dans cette belle ville de Bourges qui n’a malheureusement pas souhaité nous recevoir. En revanche le CREPS du Centre nous a accueillis avec une sympathique réception en l’honneur des participants et des assistants.
Nous voici à Bourges au terme de cette 1ère étape. Comme dirait San Antonio, nous saluons les Berruyers et les Berruyères. Bourges par la grâce d’André Malraux s’est forgée dès les années 60, une image culturelle, tout le monde connaît le prestigieux festival du « Printemps de Bourges ». Mais c’est aussi une belle ville qui comprend de nombreux sites et monuments : La cathédrale Saint-Étienne de Bourges fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Palais Jacques-Cœur, le Musée Maurice-Estève, dans l’ancien hôtel des échevins. Les marais de l’Yèvre et de la Voiselle, jardins familiaux et cultures maraîchères ont été classés en 2003 sur la liste des monuments naturels et des sites. Les vestiges des remparts gallo-romains. Les restes du palais du duc Jean de Berry (aujourd’hui préfecture). La place Gordaine et ses maisons à pans de bois du XIVe siècle. La grange des dîmes (XIIe siècle) – rue Molière, près de la cathédrale. Le palais archiépiscopal (XVIIe siècle) – ancien hôtel de ville – et son jardin à la française attribué à Le Notre. Le canal de Berry et les rives de l’Auron. L’hôtel Cujas, qui abrite le Musée du Berry. L’hôtel Lallemant, exemple de la première Renaissance française. L’église Notre-Dame. Presque entièrement ruinée lors d’un incendie qui, en 1487, détruisit les deux tiers de la ville et l’église Saint-Pierre-le-Marché. Comme vous pouvez le constater le patrimoine est très riche et je vous invite à revenir dans cette ville pour mieux la redécouvrir.
Comme son nom l’indique, le CREPS du Centre se doit d’être au centre de vos ambitions, cela tombe bien puisque nous avions pour ambition d’être accueilli au sein de ce très beau complexe qui dès le mois de septembre doit ouvrir un tout nouveau vélodrome couvert. Bourges est une ville sportive un tiers de ses habitants est licencié dans une association sportive. Nous ne pouvions trouver mieux pour cette première étape. Le CREPS a désormais pour missions principales de : Préparer et accompagner les sportifs de Haut Niveau par l’accueil de structures permanentes, de collectifs d’équipes de France ou encore de par la mise en œuvre d’un soutien à des sportifs ou structures hors CREPS. Former aux métiers du sport et de l’animation dans les domaines non concurrentiels. Développer du conseil et de l’expertise en assurant le fonctionnement d’un Pôle Ressources National « Sport et Handicaps », ainsi que l’initiative de création d’un Centre d’Optimisation de la Performance (CREOPS)
Le cyclisme est-il un sport populaire à Bourges ?
Les frères Narcy et leur célèbre magasin de cycles. Marceau Narcy fut un As de la pédale, il courait sur bicyclette bleu-ciel Alcyon en1910. Albert Bourlon était en 1939, l’un des grands espoirs du cyclisme français. Sa captivité en Allemagne pendant la guerre va lui briser une partie de cette carrière qu’il voyait brillante. Pourtant, en 1947, Albert Bourlon réalisa une échappée monumentale dans le Tour de France. Entre Carcassonne et Luchon, pendant 235 kilomètres, Bourlon sera seul en tête, il deviendra ainsi « le super-spécialiste des échappées solitaires à long cours ». A Luchon, il franchit seul la ligne d’arrivée avec plus de 16 minutes d’avance sur le Belge Callens et 22 minutes avant le peloton. Cet exploit ne sera jamais égalé, il reste inscrit « au livre des Records »… Et les Berruyers amateurs de cyclisme vénèrent Bourlon plus de 50 ans après l’exploit.
Le Tivoli, la piste de vitesse à vélo : Les Berruyers vont souvent, le dimanche, acclamer « au Tivoli » les coureurs cyclistes. Sur la célèbre piste de ciment, un des « as » de l’époque, Choury, va être opposé aux frères Narcy, les gloires locales dans le domaine du vélo. C’est en effet dans ces années que les 6 jours de Paris deviennent la grande manifestation sportive du pays. Mais le cyclisme en Berry, restera avec deux noms, l’un de l’Indre, Dusseaux, l’autre du Cher Graczyck. La course Paris – Bourges : Avec l’Union Cycliste du Berry, Albert Maillet reprend l’idée d’une grande course cycliste : Paris-Bourges. Cette manifestation aura une première édition en 1913 et dans l’entre-deux-guerres, une dizaine de ce type de course se déroulera avec une dernière course en 1933, remportée par le français Petit. C’est en 1947 qu’Albert Maillet, va redonner un second souffle à cette course.
Dusseault, de Châteauroux, en 1948 et 49 accrochera son nom au palmarès, alors que plus tard, en 1955, le berruyer Cieleska franchira la ligne d’arrivée en tête.
Le critérium de Bourges : C’était en 1976, on attend Raymond Poulidor, Godefroot, ainsi que les régionaux Yves Hézard et Jean Pierre Danguillaume. Mais parmi les 35 professionnels engagés pour le premier critérium de Bourges, se trouve le grand Eddy Merckx. Dans les rangs professionnels les frères Meunier, Jean-Claude et Alain, ce soir-là, c’est la fête, la course se déroule en semi-nocturne, et pour une belle course, ce fut une belle course, sans aucun temps mort, il y eut des sprints, des échappées, des démarrages, tout ce qui donne le frisson à chacun des passages des coureurs. Pour une prime ou pour le panache, chacun se battait, avec une ambiance « qui passait au délire » lorsque le maillot à damiers de Jean-Claude Meunier se détachait du peloton, et que croyez-vous qu’il advient : devant plus de 10000 spectateurs enthousiastes, Eddy Merckx l’emporta.
Après ces quelques souvenirs, un repli vers les hôtels (avec quelques difficultés il est vrai, mais c’est le rôdage…) pour un bon dîner puis un repos mérité. Demain est un autre jour et les efforts commenceront avec : La Bosse….
JMR